L’achat de lunettes (de qualité et moins chères) sur Internet, facilité par deux amendements

Posted on: décembre 16th, 2013 by Marc Paris

Le 10 décembre, les Sénateurs ont adopté deux amendements au projet de loi sur la consommation visant à faciliter la vente de lunettes et de lentilles sur Internet et à en faire baisser les prix – le texte sera débattu à l’Assemblée nationale ce lundi 16 décembre.

Un développement du secteur de l’optique sur Internet

Ces dernières années, le nombre de sites de vente de lunettes en ligne a explosé. On en compte aujourd’hui plusieurs dizaines, proposant un concept simple : le client choisit sa monture et les caractéristiques de ses verres sur internet et reçoit quelques jours plus tard ses lunettes prêtes à être portées.

L’avantage pour les acheteurs, c’est le prix, qui peut parfois être divisé par 5 par rapport à certains tarifs pratiqués en magasins. En revanche, ce modèle de vente n’est pertinent que pour des corrections faibles (verres unifocaux avec correction inférieure à deux dioptries). En effet, plus la correction est forte et complexe, plus la précision du centrage des verres en face de la pupille est importante et les technologies actuelles ne permettent pas d’assurer cette précision pour les corrections les moins simples.

Face à ce constat, un autre modèle de vente a émergé : la vente en ligne de lunettes non montées. La prise de mesures et le montage des verres sont ensuite effectués chez un opticien, en partenariat avec le site internet. Ce modèle permet une plus grande précision dans le centrage des verres, ce qui rend ce modèle viable pour les corrections allant jusqu’à 10 dioptries, y compris pour les verres progressifs. Pour les corrections supérieures, il est préférable de directement se rendre chez son opticien de proximité.

Une alternative au monopole des opticiens : l’écart pupillaire inscrit sur l’ordonnance

Les deux mesures votées par le Sénat lundi 10 décembre permettront d’aller vers une garantie pour le consommateur de payer des lunettes moins cher sur Internet et d’être assuré d’obtenir un bon réglage des verres. En effet :

  • la première mesure autorise n’importe quel investisseur à s’installer opticien à condition de recruter un opticien diplômé ;
  • la deuxième demande aux ophtalmologistes d’inscrire sur l’ordonnance, en plus de la correction, l’écart pupillaire du patient, pour lui faciliter l’achat de lunettes sur Internet.

Ces deux amendements sont une bonne nouvelle. Actuellement certains ophtalmologistes n’indiquent pas l’écart pupillaire sur leur ordonnance, voire refusent de le faire – or sans l’écart pupillaire, nécessaire au-delà des corrections faibles comme indiqué plus haut, il est pour ainsi dire impossible de se faire faire des lunettes sur internet !

Avec l’inscription de l’écart pupillaire sur l’ordonnance, c’est l’accès aux soins facilité pour des millions de nos concitoyens, en particulier ceux qui n’ont pas de complémentaire santé ou des complémentaires qui couvrent mal ces frais d’optique, qui se joue. Restons cependant vigilants : pour les problématiques aiguës et complexes auxquelles on ne répondra jamais par internet, certains devront continuer à aller chez l’opticien.

Partager
« Actualité précédente
Actualité suivante »